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Jouer est un travail sérieux. 

A la fin de mon spectacle, je salue mon public et me retire dans les coulisses.

La semaine qui a précédé était gonflée à bloc, figurez-vous qu'il m'a fallu caser les répètes de ce show dans un emploi du temps déjà au complet ! Du très concentré, sans place pour l'oisiveté, mais on est okais : de la pure passion. Un plaisir trop souvent gâché par du souci (dire qu'il est totalement superflu lorsqu'on marche avec Dieu...c'est trop bête non ?!)

Seul dans les loges, j'appuie mon bras sur le miroir du mur, un peu comme si je me mettais la main sur l'épaule. Je peux enfin relâcher la pression libérant du même coup ma reconnaissance au ciel. Les yeux fermés, je mesure le succès de cette nouvelle étape à l’enthousiasme des applaudissements de la foule qui, bravant l’accès interdit au public, me parviennent à ma retraite.

Je relève la tête. Les ampoules qui auréolent la glace servant plus à éblouir l'artiste qu'à l'éclairer, ne m'empêchent pas de me lancer un regard bref mais intrusif tout en m'épongeant le front. Le répit est de courte durée, car le public a encore besoin de moi, j'ai rendez-vous avec lui près de mon stand à l'entrée du théâtre. Bien plus que de la reconnaissance, je vais récolter des confidences. Oui pask je me doute bien que Dieu, qui fait partie intégrante de mon show, a bouleversé des vies dans la salle. Ils vont avoir besoin de quelqu'un qui les écoute et les reconnaisse à leurs tours.
Le passage secret Pour parvenir au hall d'entrée avant la foule, il me faut le contourner. Il y a une porte dérobée dans les loges qui en plus d'être reliée à un passage vers l'extérieur, me ramène directement mes kiffs d'enfances lorsque je jouais à l'agent secret ! Je longe un couloir sombre, exigu et dénué de décors pour n'être que purement fonctionnel. Je suis par moment accompagné par des conduites d'eau chaude et autres tuyaux vitaux à la survie du monde juste au-dessus. Ce corridor souterrain me fait penser au tunnel caché, connu seul du roi d'un château et de ses sujets les plus proches. Après avoir tourné plusieurs fois sur moi-même en empruntant des escaliers en coulisse, j'arrive à une petite porte de service en bout de couloir. Je débouche enfin sur le hall d'entrée, (quand ce n'est pas sur une vue inconnue de l'arrière du bâtiment). Mes livres y sont tous exposés sur une table. Malgré le fun du mystère que je viens de traverser, je suis soulagé de reconnaître quelque chose de familier, d'être de retour dans le monde connu. Tiens... ? Il n'y a encore personne. L’assistance est retenue par les annonces de fin de soirée. J'ai enfin tout mon temps pour m'arrêter vraiment.
Le bilan J'observe mon stand. On aurait tort de n'y voir que du papier et de l'encre... Il y a ici bien plus. Pour chaque livre, il a fallu y croire contre toute logique et sans garantie de succès. Combien de fois, j'ai donné l'ordre d'imprimer sans avoir l'ombre d'un sou... Ces œuvres sont de la foi matérialisée. C'est aussi beaucoup de ma vie, des heures et des heures, des jours, des années.... purée... ! Mais c'est plus de vingt ans, et tout tient sur une table !!! Mais quelque part, ne sommes-nous pas tous dans le même cas... ? Que reste-t-il de toutes nos années de labeur ? L’éphémère de la situation me donne le vertige.... Je relève la tête pour accrocher le regard de Dieu.
La réponse du maçon Aussitôt, je me rappelle une conversation avec mon vieux pote Luc qui m'avait lancé : Tu sais Alain, au Moyen-Âge, lorsqu’on demandait à un maçon quelconque : - Qu’est-ce que tu fais? Il répondait : - Ben… de la maçonnerie… Mais un autre plus éclairé te répondait : - Je construis le château de mon roi ! Moi non plus, je ne suis pas qu’un artiste qui fait juste de l’art, je bâtis le Royaume de Jésus. Ces œuvres sont toutes imbibées de notre relation et, à leur contact, des vies entières sont (re)construites (ou passent simplement un bon moment). Je ne compte plus le nombre de personnes qui à leur tour ont décidé de bâtir avec Lui.
Du sable Mais pour être honnête, même ainsi le résultat n'est pas assez solide pour que je puisse m'appuyer dessus. Car je le vois bien, beaucoup laissent tomber Dieu. D'abord, ils s'éloignent petit à petit, et finissent par lâcher. Ils s’accrochent à je ne sais quelle illusion qu'ils finiront de toute façon par regretter un jour. Malheureusement, les illusionnistes de ce monde savent mieux vendre du vent, que les chrétiens les mieux intentionnés de l'or en barre.
Des enfants Je pense à mes enfants que j'aime tellement... Ils ne sont pas sur cette table eux. Mais sans savoir l'avenir, ils sont ce que j'ai réussi de mieux. Je ne regrette aucun temps investi pour jouer avec eux. Et tous ces gens que j'ai pu atteindre ne sont-ils pas eux aussi un peu mes enfants.... ? (ok, toute proportion gardée)
Le château de sable Alors, j'en ai pas fini avec mon œuvre, je suis bien décidé à encore bâtir des trucs de ouf avec Dieu ! Quand on aura fini, je m'en irai main dans la main avec Papa. Et après quelques pas nous nous retournerons avec enfin le recul nécessaire pour apprécier la vraie mesure des choses. Et si alors je réalise que tout n’est qu’un grand château de sable fragile... Je serai heureux, car je l’aurai fait avec Sa complicité. Et ce bon temps passé ensemble, c'est ça.... C’est ça qui n’a pas de prix.
____________________________________   Samedi 14, à 20h30 à Palaiseau (près de Paris) Je joue le Papa Show. http://www.auderset.com/news/papa-show-palaiseau Dimanche 15, à 10h30 (toujours à Palaiseau) Je donne un partage/témoignage.
Tout le week-end du 4 au 6 mai, à Bulle Je dessinerai dans un stand de la RJ. Je serai complètement dispo pour parler, prier encourager, conseiller les jeunes un à un et tout au long des journées.   L’animation Heart (Cœur) Grâce à une idée de mon fils Silas qui a investi dans de la pub, le nombre de vues a considérablement augmenté ces jours. 66’000 vues ! Partagez plus loin ! https://www.facebook.com/A.Auderset/videos/10155402559099926/
Sketch du prédicateur Américain https://www.youtube.com/watch?v=Sm_Iy5JOOWw Découvrez le spectacle entier en HD. Le DVD est maintenant à 1/2 prix. http://www.auderset.com/shop/product.php?id_product=79#" ["post_title"]=> string(20) "Le château de sable" ["post_excerpt"]=> string(0) "" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(19) "le-chateau-de-sable" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-04-12 17:19:21" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-04-12 15:19:21" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(32) "http://www.auderset.com/?p=14251" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" ["post_title_ml"]=> string(28) "[:fr]Le château de sable[:]" ["post_title_langs"]=> array(1) { ["fr"]=> bool(true) } }

Le château de sable

  Jouer est un travail sérieux. A la fin de mon spectacle, je salue mon public et me retire dans les coulisses. La semaine qui a précédé était gonflée à bloc, figurez-vous qu’il m’a fallu caser les répètes de ce … More… More…

Posted in Blog | Commentaires fermés sur Le château de sable
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Faut pas forcer

-"Ais-je la PAIX pour aller au boulot aujourd'hui... ?

mmmm je ne sais pas trop...

Bah, faut que ça soit un élan du cœur, pas une obligation..."

Si telle est ta pensée à ton lever, 

il se pourrait bien qu'à ton coucher ton patron suive ton exemple:

- «Je ne sais pas si j'ai ENVIE de lui donner son salaire ce mois-ci... 

Je ne le sens pas trop... J'ai pas la PAIX pour ça...»

« Raccourci » ?

Je passe souvent par des raccourcis dans la forêt pour me rendre à mon atelier,

et c'est zarbi car j'habite juste à l'étage de dessus !

Pourtant c'est vraiment un gain de temps ! (quand je ne me perds pas !)

Car j'y ai un rendez-vous quotidien avec Dieu (à moins que ce soit l'inverse... ?)

"perdre" du temps avec l'essentiel, c'est en gagner.

Le temps de mes envies a beau être d'un tempétueux tyrannique ou en vacances,

ça n'y change rien, ce n'est pas lui qui commande.

(okay !? non mais... je le souligne, car on dirait qu'il n'est pas au courant...)



Stop religion !

Sur le chemin, dans un moment d'inattention, je lui sers parfois tout un couplet de phrases creusent :

-"Merci sois-tu! Ôôôôôh mon Dieu! ( C pourquoi le: "ôôôô" déjà?)

Argl ! Imaginez quelqu'un vous parler comme ça, c'est trop nul ! 

Il mérite mieux que ça...

Je ne suis pas ici pour faire mes devoirs de "prière",

mais pour chercher Dieu sincèrement.

(Vi je le perds souvent de vue)



Youhou...y'a quelqu'un ?!

Je marche le long d'une prairie avec ce sentiment un peu ridicule...

de parler tout seul.

Pourtant, Jésus a dit: «croyez en moi...»

et non pas: «ressentez un truc en moi...»

...Okay, je fais le choix de croire :

Alors, je Lui explique avec conviction le topo de mes galères :

- « Oh là là là ! je n'arrive pas à percer avec mes BD dans les magasins !

Tous ces décideurs qui me disent sans cesse: non (pask, je parle de Toi en plus !)

(c'était mon défi ! A l'époque, je croyais qu'il ne pouvait y en avoir de pires...)

Seigneur, j'ai comme des murs devant moi...

Donne-moi un char avec un chasse-neige* devant (*c'est un truc Suisse, pouvez pas comprendre...) que je puisse les casser !»

Mes prières sont accompagnées de grands gestes à l'italienne

(de loin on peut croire que je suis attaqué par des guêpes !)

En rentrant chez moi, je fut accueilli par « Pomteutèrmayonaisereuchti*»


(*ce n'est pas son vrai nom),



Mais qui est Pomteutèrmayonaisereuchti ? : 

Emporté par la rivière de monde à l'ouverture des portes, je glissais hors de l'église. Là, caché derrière quelques fidèles en mode discussion banale, je croisais le regard d'un inconnu.

Je perçois immédiatement dans ses yeux que ceux-ci ont déjà croisé celui de Dieu.

Intrigué, je m'approche et lui demande :

- « Mais t'es qui toi ? »

Et lui de m'expliquer qu'il vient de Genève, qu'actuellement il travaille dans une ferme de la région,

mais qu'il y était mal accueilli... que c'était dur pour lui...

- « ha bon ? bin alors viens habiter chez nous si ça te dit»

( il y est resté 2 semaines...)

Il a une grande barbe et un imposant physique (son gros ventre lui va très bien).

Lui, quand il prie, il se contente de s'enfoncer dans un fauteuil, et il peut y passer des heures et des heures immobile...

Quand Pomteutèrmayonaisereuchti m'ouvre la porte d'entrée, je reçois une énorme bouffée de présence de Dieu dans la face, c'est presque physique, comme une nuée !!!

La tête à travers la porte entrouverte, Pomteutèrmayonaisereuchti avec son calme habituel me regarde et me dit:

- « Hey Alain, je priais pour toi et je t'ai vu dans une vision ! Tu étais sur un char devant lequel il y avait un chasse-neige et tu cassais tous les murs devant toi !!! »

moi :

- « !!? »

Incroyable ! Il a reçu un fax ou quoi ?! Heu... Seigneur si tu racontes à tout le monde ce qu'on se raconte, je ne te dis plus rien... !!

Quand vous parlez à Dieu (je parle de celui de la Bible, c le seul que j'ai en magasin),

il y a vraiment quelqu'un qui écoute....

que vous le ressentiez ou non...

Comme beaucoup, je passe en ce moment par la tourmente,

et le fracas de celle-ci m'empêche d'entendre correctement Sa voix...

mais cette histoire vécue me le rappelle :

Il écoute...

Il ne laissera pas celui qui se confie en Lui tomber plus bas que Sa main.

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Chemin de prière

Faut pas forcer -“Ais-je la PAIX pour aller au boulot aujourd’hui… ? mmmm je ne sais pas trop… Bah, faut que ça soit un élan du cœur, pas une obligation…” Si telle est ta pensée à ton lever, il se … More… More…

Posted in Blog | Commentaires fermés sur Chemin de prière
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coop alain auderset

Le saviez-vous ? Dieu est pareil une fois qu'on est hors de l'église !?

Au supermarché!

J'aime bien quand ma femme m'envoie en commission, acheter des trucs débiles comme du beurre (ou autre chose... ce n'est pas que je sois particulièrement obsédé par le beurre, c'est juste un exemple...) Malgré l'impression de déambuler dans une forêt remplie de superficiel, avec des mini-prix orange fluo en guise de feuilles, et partout de la pub pour nous faire croire qu'on a besoin de vide, j'aime ça, car on y rencontre des gens (et du beurre!) J'étais en train d'hésiter entre du pain sec à bon prix et du pain bon à prix sec, (Diantre, que ma vie est compliquée!) Quand tout à coup : PAF! Une dame me salue dans le dos. C'était la maman d'un copain de mon petit Benjamin, Et c'est parti pour les grandes banalités: “Comment ça va? Quel beau temps? etc...” Au beau milieu de nos échanges superficiels (eux aussi) aux tons particulièrement enjoués et aux éclats de rires tonitruants, Boum! la douce voix du Seigneur (encore Lui!) qui me rend attentif à une plaisanterie qu'elle lâcha l'air de rien: - “Ha! Ha! Ha! De toute façon, tous les hommes de ma vie finissent par me plaquer, hi ! hi ! hi !(Ils n'étaient pas rugbyman : “Plaquer”, a ici un autre sens) Je fus saisi d'une grande compassion et la regardai droit au coeur. - “Qu'as-tu dit ?” Elle s'arrêta net, et là, en plein milieu du magasin, elle pleura. C'est ainsi que je pus lui parler de l'amour inconditionnel de Jésus pour elle...

À la rue!

Dans la rue, je rencontrai un gars qui boitait, je savais qu'il avait eu la vie difficile (alcool, prison, BD). On papota de tout et de rien quand sans prévenir, CRAC! je lui demandais: - “ Veux-tu que je prie pour ton genoux?” ( argl! qu'est ce qui me prend!? J'ai oublié que je n'étais plus au culte!) Surpris, il bégaya: - “Hein? Quoi?! Heu... si tu veux” et là sur le trottoir, je priai à haute voix pour lui... Non, non, pas à genoux en hurlant en direction de Jérusalem, mais simplement, les yeux ouverts pour ne pas le gêner face aux passants... Quelque chose se déplaça dans son âme, il était très touché (on s'en fout du genou!) c'est ce que je vois à chaque fois qu'il m'arrive de le croiser à nouveau...

À la maison!

Les biscuits étaient déjà chauds, sortis du four, et ma foi... Sans beurre!
Alain
Extrait  tiré de  Rendez-vous dans la forêt 1" ["post_title"]=> string(28) "Co-mission pas pour beurre !" ["post_excerpt"]=> string(0) "" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(6) "closed" ["ping_status"]=> string(6) "closed" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(26) "co-mission-par-pour-beurre" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2018-02-09 15:17:15" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2018-02-09 13:17:15" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(32) "http://www.auderset.com//?p=9077" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" ["post_title_ml"]=> string(156) "[:fr]Co-mission pas pour beurre ![:de]Im Auftrag meiner Frau und des Herrn unterwegs[:en]Bring me just butter, please![:es]Ir de compras con una misión [:]" ["post_title_langs"]=> array(4) { ["fr"]=> bool(true) ["de"]=> bool(true) ["en"]=> bool(true) ["es"]=> bool(true) } }

Co-mission pas pour beurre !

Le saviez-vous ? Dieu est pareil une fois qu’on est hors de l’église !? Au supermarché! J’aime bien quand ma femme m’envoie en commission, acheter des trucs débiles comme du beurre (ou autre chose… ce n’est pas que je sois … More… More…

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Du concept au concret Sandrine vit une amitié avec Dieu, une relation qui la comble, lui apporte sécurité et équilibre. Elle est prof d'arts plastiques dans un lycée, mais pour elle, c'est bien plus qu’un gagne-pain. En effet, le destin de ses élèves et de sa ville lui tient réellement à cœur. Mais aucun manuel scolaire, aussi bien soit-il, ne pourra jamais leur transmettre cette étincelle divine qui donnera à leur vie tout son sens.   Alors, après mûres réflexions, elle m’appelle en renfort. Et pendant une année, chaque jour, elle demande à Dieu que mon passage puisse bouleverser positivement le train-train quotidien de Pontarlier (ça tombe bien je viens en train).   La mob Le soir de mon arrivée, je remarque tout de suite les affiches de pub pour mon spectacle de samedi. Sur le coup, ça me fait plaisir… mais quand je prends conscience qu’elles sont partout, collées sur la porte de chaque commerce, alors là, ça me fait presque flipper. Même le journal et la radio locale sont sur le coup. On établit notre QG à la cure catholique – puisqu’on y partage nos repas, tant qu’à faire… Mais je me rends compte que les principales dénominations chrétiennes de la ville sont toutes plus ou moins impliquées dans le projet et en parlent autour d'elles.   Le premier champ de bataille Vendredi, je donne deux shows réservés aux élèves du lycée, dans un petit théâtre d’environ 150 places. Ça me fait une sorte de répèt’ générale pour samedi. Le matin, Sandrine et moi, on est sur place avant tout le monde. Il est tôt, mais l’adrénaline a déjà grave irrigué nos cerveaux. En attendant les lycéens devant cette salle encore vide, on ressent une angoisse qui monte et nous pousse à la prière (c'est ça ou flipper). Nous sortons et immédiatement croisons une rivière tumultueuse à proximité du bâtiment. Les mains au ciel, nous demandons à Dieu de se déverser sur les habitants de cette ville. Si nous avions su alors ce que cette rivière allait charrier, on aurait peut-être modéré notre enthousiasme…   La contre-attaque  Sur les rotules après ces deux premières représentations, j’enchaîne direct avec une séance de dédicaces dans le plus grand supermarché du coin en fin d’après-midi. Cette fois-ci tranquille, en mode décompression, je fais à peine du deux clients à l'heure. J'ai tout le temps de me remémorer la journée, il me semble que le message a fait mouche, que les jeunes ont bien croché. Satisfait du travail accompli, je m'assoupis derrière une pile de livres. A défaut d'attirer les clients, j'aurai eu au moins le mérite de les amuser. A proximité, j’aperçois Sandrine en train de discuter avec un responsable de son école. Quand je lui demande si tout va bien, je comprends qu'il s'est passé un truc anormal. Il y a comme une ombre qui passe sur son visage, elle a la mine grave de ceux qui vont vous annoncer une mauvaise nouvelle. – Alain, ton spectacle a déclenché une série de réactions négatives. Il a scandalisé et les religieux et les athées. Ces derniers disent qu’ils n’ont rien compris à ton message, que c’était du gros n'importe quoi !…   Cette nouvelle, tel un projectile de catapulte lancé par-dessus la muraille, je me la ramasse de plein fouet. Nous sommes tous les deux terrassés, écrasés, KO. Dans ma tête, je revois défiler les visages fermés des profs disséminés dans la salle de spectacles. incapables de se départir de leurs fonctions devant leur élèves pour se laisser emporter par le show, ils m'ont noté comme si je passais un examen.   Sur le coup, je reste sans voix, puis je me confonds en excuses, mais en vain. Le mari de Sandrine nous rejoint avec une petite cuillère (pour nous ramasser). Il fait des pieds et des mains pour nous remonter le moral autour d’une bonne pizza, mais rien n’y fait, nous restons la tête sous l'eau. On a beau s’accrocher à nos souvenirs positifs, nous sommes littéralement emportés par un raz de marée de découragement. Wow, la puissance de la critique… Par instinct de survie, je lance une balise de secours à mon équipe de prière via WhatsApp. Je reçois aussitôt une parole qui m'empêche de sombrer : – « Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse ». Je la saisis comme une perche puis, plus pour me persuader moi-même que par conviction, je lance : – Restons positifs, ces critiques sont l'occasion d’améliorer le scénario ! Et demain, il n'en sera que meilleur.   Le creuset Le soir, je déambule seul dans les rues de Pontarlier que l'hiver a vidées de leurs passants. J'appelle le Seigneur, je recherche Sa pensée, mais ne ressens rien en retour. Je veux bien être persécuté pour une bonne cause, mais là est-ce le cas ?… Peut-être ai-je pris trop de libertés ? Ou suis-je choquant pour rien ?… Je remets en question mon spectacle. Je demande pardon et je supplie Dieu de me montrer si je suis sur une mauvaise voie… Que faire ? Je me sens nul et sans repère. J’aurais envie d’abandonner, mais le courage me revient lorsque je me rappelle que c’est Lui-même qui m’a demandé de me lancer dans les shows.   La nuit, le sommeil ne veut pas de moi. De trois heures à huit heures du matin, je réécris mes sketchs. Alors que le jour lance ses premiers coups d’œil par-dessus l’horizon embrumé, je longe la rivière, encore plus déchaînée qu'hier. Je lève les yeux au ciel pour mendier un réconfort et la force me revient petit à petit. Dans ma poche, je trouve une petite Bible et c’est à travers elle que je reçois comme un SMS de Dieu pour moi qui me dit qu'Il m’aime réellement et me souhaite une bonne santé. C'est hyper-simple, voire banal, mais venant de Lui, ça me soulage tellement que j'en ai les larmes aux yeux : – Seigneur, j'étais inquiet de ton silence d'hier… Mais maintenant, c'est reparti !   Le réarmement Je retourne sur le champ de bataille, heu… au théâtre, le plus grand de la ville, où j'ai rendez-vous avec le technicien. Cette fois, je suis face à 300 sièges avec un grand balcon. Je passe la journée à revoir mon numéro.   Je suis juste attendu pour une dédicace dans une librairie bien en vue de la rue principale, ça me fera une pause… Mais là, personne, je suis seul à ma table de dédicace au milieu de clients cherchant leur bonheur ailleurs. Oh purée ça fait mal, ça aussi… Le gérant, roi des bons types, m’achète un livre et m'assure que ce n'est pas par pitié, mais par un réel intérêt. Je retourne à la salle un peu titubant (la contrariété, ça saoûle), m'appuyant sur Dieu pour ne pas trébucher.   L'ange Morgane, une jeune spectatrice, est déjà sur place, quatre heures en avance (!). Elle m'encourage comme elle peut, me paie un sandwich à la saucisse turque qui me réchauffe non seulement l’estomac, mais aussi le cœur (ils sont assez proches l'un de l'autre dans la même cage toraxique, c'est pour ça) me conduit à un bistro pour que je puisse réécrire encore et encore mon spectacle à l'abri de la pluie. Puis elle revient de temps en temps pour voir si je vais bien, me paie un café et se retire discrètement pour me laisser écrire. Les heures s'écoulent tel un torrent en furie, je n'ai pas le temps de tout revoir que me revoilà dans les coulisses. Le théâtre est plein à craquer !   Le spectacle Je pense qu’il s’agit d'une belles performances puisque le public rit à gorge déployée. Les gens sont aussi profondément touchés, des commentaires pleuvent à verse, même plusieurs jours après le show. Remise en question personnelle pour les uns, « baffe existentielle » pour d’autres, et un instant de franche rigolade après une dure semaine de travail pour tous. Mais le meilleur, c’est que selon les gens du coin, la moitié de mon auditoire entendait l'Evangile pour la première fois !   Le lendemain, je suis orateur dans une petite église. Pendant le culte, je ressens fortement la présence de Jésus, beaucoup sont touchés par Lui. On prie tout spécialement pour Sandrine et son mari. Leurs joues ruissellent de larmes d'émotion et de guérison. Nous remercions le Seigneur pour le retournement de situation que nous venons de vivre, et Sandrine retrouve le courage de reprendre son travail et d’affronter ses collègues après ce week-end mouvementé. Pour elle, le combat continue.   Retour à la caserne Sur le quai de la gare, ma tête déborde encore de tout ce que je viens de vivre. Heureusement que ce n’est qu’une expression, car si ça faisait de vrais flots, ça emporterait tous les voyageurs autour de moi. Le train entre en gare et je me fonds dans l'anonymat des passagers. Tel une aquarelle, le gris du ciel se mélange déjà avec le noir de la nuit lorsque j’arrive à la maison. D'autres épreuves d'envergure m'y attendent dès le lendemain (décidément, on veut ma peau !). Mais je suis ragaillardi par cette aventure, cette récente victoire est là, quelque part en moi, tel un échafaudage solide qui me tient debout.   Ce matin, je me suis levé à 4 heures pour marcher dans la forêt. Je demande à Dieu plus de carrure à mes épaules, car c'est Lui ma force, ce ne sont pas mes victoires! Je prie tel un aspirateur levé au ciel pour de l'inspiration en faveur de « Rendez-vous dans la forêt 3 », le livre sur lequel je bosse. J'ai la pêche, l''envie d'en découdre!  Je vais en avoir besoin car d'ici deux semaines, je repars à l'assaut d'une autre ville de France avec le même spectacle.   Le 17 février prochain, je serai à Pau. http://www.auderset.com/news/papa-show-a-pau   Le 3 mars, en Alsace, à Volgelsheim. http://www.auderset.com/news/le-papa-show-vogelsheim   Le 15 mars, ce sera « La légende de Mi » à Estavayer-Le-Lac. http://www.auderset.com/news/la-legende-de-mi-estavayer-le-lac   Une offre à ne pas rater : Le DVD de mon précédent spectacle à 1/2 prix !!! 12.- CHF (9.60 EUR) au lieu de 24.- CHF http://www.auderset.com/shop/product.php?id_product=79#
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La bataille de Pontarlier

Du concept au concret Sandrine vit une amitié avec Dieu, une relation qui la comble, lui apporte sécurité et équilibre. Elle est prof d’arts plastiques dans un lycée, mais pour elle, c’est bien plus qu’un gagne-pain. En effet, le destin … More… More…

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Grand-papa Paco quitte pour la première fois l'Espagne*, il vient nous visiter en Suisse.

C'est quelqu'un de paisible et de disponible. Peu importe le temps qu'il lui reste, il le partage généreusement et sans compter avec les autres. Ensemble, on a construit une cabane de rêve sur le grand chêne à côté de la maison.

Se balader avec lui au village est un réel plaisir. Le petit homme kiffe tout ce qui lui passe devant les yeux, (toute la Suisse en fait !), c'est jouissif d'être avec lui. Par-contre, il ne pipe pas un mot de français, rien, mais il n'en a absolument rien à carrer, à tel point que c'en est presque spectaculaire.

Par exemple, lorsqu'on croise un homme en train de nourrir des bégonias, géraniums ou autres carottes exotiques avec des croquettes dans son jardin (oui, je sais, on ne devrait pas donner de la viande de bœuf aux bégonias !), Paco s'approche de la clôture et lance immédiatement la conversation :

- Hola ! Mira que flores tan bonitas teneis usded !

Décontenancé, le jardinier du dimanche rétorque quelque chose du genre :

- heu... désolé, je... no comprendo

Alors mon grand-papa fait des gestes, lui montre les fleurs du jardin pour le féliciter de leur beauté, paskil les trouve (bien sûr...!) exceptionnelles. L’horticulteur en herbe, touché du compliment le gratifie d'un merci gêné, (pas besoin de savoir la langue pour comprendre un vrai merci).

Grand-papa Paco enchaîne immédiatement en parlant de plein d'autres choses (en espagnol) sans s'inquiéter moindre du monde du désarroi de son interlocuteur. Le Suisse, de nature respectueuse, se concentre pour comprendre et répondre de son mieux. Sorti de son confort convenu de non-dits un peu ennuyants, le voilà maintenant engagé dans l'aventure d'une « discussion » aux couleurs exotiques.

Je suis alors le témoin de la naissance d'un nouveau jargon qui leur est propre et qui n'appartiendra qu'à eux deux. Il est composé de mots empruntés à leurs deux langues respectives, de grands gestes proches de la chorégraphie, de paroles bégayées et de rires réciproques. Lorsque mon grand-père reprend son chemin où il l'avait laissé, les deux nouveaux potes se saluent chaleureusement l'un l'autre. Le jardinier retourne à sa terre, le nez dans ses fleurs (c'est bien connu le bégonia fait des bisous sur le nez lorsqu'on le nourrit correctement), le sourire en plus (ça a dû lui rappeler les vacances).

Il était comme ça mon grand-papa, tout le monde l'aimait (impossible de faire autrement).

 

Le plus beau cadeau de Grand-papa.
La cabane de grand-papa n'est plus.
Elle a été complètement démontée par le temps, mais elle est restée intacte dans mon souvenir. Et étrangement, malgré les années qui ont passées, la reconnaissance que j'ai eu pour ce cadeau exceptionnel habite encore en moi.

Grand-papa n'est plus non-plus
Mais il m'a laissé cette fantastique leçon de vie qui n'avait rien de scolaire en étant simplement lui-même. En le voyant, j'ai compris que le désir d'entrer en contact avec son prochain (ainsi que du suivant) est plus important que le moyen d'y parvenir. Car le manque de moyen est souvent une excuse pour ignorer que les véritables barrières sont les préjugés.

Mais le plus beau cadeau que grand-papa m'ait laissé, c'est encore une maman exceptionnelle qui n'aurait pas été la même sans lui.

 

* C'est aussi lors de ce voyage qu'il voit la mer pour la première fois.

 

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Abuelo Paco

Grand-papa Paco quitte pour la première fois l’Espagne*, il vient nous visiter en Suisse. C’est quelqu’un de paisible et de disponible. Peu importe le temps qu’il lui reste, il le partage généreusement et sans compter avec les autres. Ensemble, on … More… More…

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